Ma nouvelle de succube, finaliste du Prix Hemingway 2016

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Je vous propose ici, un focus sur mon expérience du Prix Hemingway 2016.

Un concours diabolique :

prix hémingway260 participants à travers le monde, 30 nouvelles finalistes dont la mienne « Corps à cornes » et 1 lauréat : Adrien GIRARD pour sa nouvelle « Uriel, berger sans lune » !

Chaque année, la tauromachie est mise à l’honneur par le prix Hemingway, sous l’angle de la liberté de penser. Partisans, opposants ou encore indifférents, chacun peut y participer. Encore faut-il respecter les modalités du concours et pour cela mieux vaut se rapprocher des Avocats du Diable.

Mes motivations lucifériennes :

Ma participation a été motivée par mon souhait de prouver que je peux parler d’autre chose que de cul ou presque… Bien que la littérature érotique est sortie de ses bas-fonds pour se démocratiser davantage, elle reste parfois considérée comme une littérature de seconde zone, à tort. Je voulais m’émanciper de cet a priori en démontrant que je peux user des mots à d’autres fins que la luxure ! Etre finaliste est une victoire personnelle tant le niveau d’écriture de ce concours est exigeant.

Je suis d’ailleurs impatiente de vous faire découvrir ma nouvelle ô combien teintée de rose et de rouge. Fidèle à moi-même bien qu’il m’ait fallu m’adapter aux contraintes du concours, j’y délivre une histoire de passion, celle qui maintient en vie tout autant qu’elle consume.

L’excitant enfer des fêtes votives :

A défaut d’avoir une connaissance pointue de la tauromachie, j’ai déversé au fil de ma nouvelle, les sensations qui m’ont traversées chaque été passant quand retournée sur mes terres natales, je m’abandonnais à la fête votive de mon village.

Surexcitation collective, chaleur estivale, perte de la notion du temps, désinhibition des uns et des autres, montée d’adrénaline à l’approche des manadiers, prise de risques inconsidérés, paysages d’apocalypse après le passage des taureaux, BIENVENUE !

stella-tanagra-dhet-3J’ai vécu passionnément et maintes fois, cette furie qui anime les villages pendant une dizaine de jours autour du 15 août. Aussi bien enfant dans les bras de mes parents, qu’ado bras dessus bras dessous avec mon grand-frère, que jeune adulte main dans la main avec ma meilleure amie, des souvenirs indéfectibles de ces dix jours hors du temps m’ont permis de mettre en mots, ma nouvelle « Corps à cornes ».

Aux arènes, sur la place du village ou bien au pré, la douce folie des fêtes votives emporte chacun dans sa frénésie. Lire mon texte, c’est se plonger dans une immersion violente et quelque peu érotisée de la tauromachie. J’ai écrit avec la volonté de prêter mes yeux aux lecteurs. Je donne à voir ce qui s’est exposé devant moi de fou et d’invraisemblable tout en confessant mes émotions profondes bien que romancées.stella-tanagra-dhet-1

Le sentiment premier que je retiens des fêtes votives est celui de liberté : celle qui nous apporte la plénitude mais aussi celle qui nous incite à outrepasser nos limites. Les extrêmes se châtient entre le sentiment d’être inébranlable et à la fois la futilité de nos existences lorsque le danger l’emporte tant les excès s’attisent le temps de ces fêtes.

Afin de rédiger ma nouvelle, j’ai tout d’abord ressorti une affiche d’une fête de mon village. Au travers de grandes caractéristiques de la tauromachie (risque, rite, offensive, panache, passion, jeu…), j’ai mis au premier plan les émotions et les sentiments des protagonistes, leurs interactions et les enjeux qui les lient.

L’encierro, ce jeu méphistophélique :

Encierro_3D-afficheJ’ai ensuite visionné le reportage Encierro 3D : Bull Runing in Pamplona. Tous les hommes addicts d’adrénaline s’y retrouvent tel le rendez-vous annuel où l’on joue sa vie en guise de hobby. Les taureaux, leur superbe, leur musculature indomptable mettent à feu et à sang les rues bondées. Certains y voient la perpétuation d’une tradition. J’y distingue surtout des images de déraison qui illustrent avec exactitude l’expression selon laquelle il faut toucher la mort pour se sentir en vie. Pour ma part, les plans hallucinants du reportage ont largement suffi à assouvir mon désir de sensations fortes !

C’est dans le cadre d’un recueil de nouvelles loufoques et horrifiques que j’espère vous faire découvrir ce texte. Le projet est au stade d’ébauche, affaire à suivre…

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