A serbian film – de Srdjan Spasojevic (2010)

a serbian film

Pourtant accoutumée aux films trash dans la lignée d’Irréversible ou de Human centipede ; j’ai été quelque peu perturbée par le degré excessif d’ignominie sexuelle du long métrage : A serbian film de Srdjan Spasojevic.

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Le sexe, symbole d’amour et de plaisir est aussi une marchandise à monnayer ou pire encore une arme de guerre.

C’est plus spécifiquement le phallus en sa forme longue et dure qui caractérise cette idée dans ce film. Au même titre qu’un canon de fusil, il devient dangereux entre les mains de son détenteur quand celui-ci, soumis à une manipulation infâme, s’adonne à la destruction.

Le sexe accouplé à l’horreur donne généralement naissance aux histoires les plus sordides : viol, inceste, pédophilie, nécrophilie, j’en passe et des pires.

C’est justement en bafouant les interdits ancestraux qui fondent les sociétés modernes que ce film vient piquer au vif le téléspectateur là où son esprit n’aurait jamais osé aller s’aventurer. Et comme dans tous les bons films d’horreur, quand il y en a plus, il y en a encore jusqu’à ce que mort s’en suive. La morale est mise à rude épreuve dans ce film tout comme l’institution de la famille, l’enfance, l’amour de son prochain, la justice…a serbian film

Toutes les règles de civisme volent en éclats pour ne laisser place qu’aux pulsions morbides, à l’instinct animal et au désir d’anéantissement propre à l’Homme.

Le film conte une histoire de snuff movie aux traits pornographiques. Le snuff movie est une séquence filmée d’un acte de viol et/ou torture et/ou meurtre véritable. Depuis les années 1970, le cinéma de l’horreur joue à brouiller les pistes en proposant des métrages mettant en scène le thème du snuff movie sans qu’on ne sache ce qui tient du vrai ou du faux tant les images sont criantes de réalisme, loin du style gore caricatural que l’on connait trop bien. Par exemple le film Cannibal Holocaust mélange des scènes de véritables tortures et des scènes truquées.

Dans A serbian film, le gore côtoie le cul dans des scènes extrêmement explicites. D’ailleurs le film est interdit aux moins de 18 ans.

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L’interdit absolu a ce quelque chose d’excitant éveillant le voyeurisme malsain et les pulsions les plus enfouies. Pas étonnant alors que les automobilistes zyeutent de graves collisions sur le bas-côté plutôt que de dégager la voie. Nombre d’entre nous a honte de confesser son attirance pour ce genre de vidéos mettant en scène à l’excès la violation des droits de l’Homme, mais les regarde secrètement dans le noir pour savoir ce que ça fait de pousser un corps au bout de lui-même…

L’affiche du film est d’ailleurs bien choisie car il est impossible de déterminer si le personnage jouit ou tue ou les deux en même temps !

La vie et la mort sont irrémédiablement attirées au fil des angoisses et des passages à l’acte des personnages dont le sexe et le ciment.

Pour une fois, je me permets de déconseiller ce film aux plus sensibles. Il faut véritablement se sentir prêt à affronter les plus grandes perversions de la nature humaine pour visionner « A serbian film ». Le cinéma serbe m’était totalement inconnu mais il semblerait qu’il ait de l’avenir en matière d’épouvante bien que je vois difficilement comment faire pire que celui-ci…

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