Dossier : films d’horreur ou porno ?

 

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Ambiances mortelles et pulsions sexuelles font bon ménage, si, si, je vous assure. Il y a de la sexualité dans l’air mortifère. Il est d’ailleurs courant d’observer une montée du désir sexuel à l’annonce d’un décès.

Sous l’effet d’un intense désir de vie provoqué par une confrontation à la mort, l’appétit sexuel s’anime voire même se décuple en guise de refus face au coma mortel.

La mort ou plutôt la peur du trépas est donc source d’excitation.

Somme toute l’adrénaline sexuellement transmissible réanime nos corps lorsque la faucheuse s’annonce à nos portes. Mécanise humain notable, serait-il génétique de réagir de la sorte ? Au-delà du désir sexuel, se joue celui du coït et donc de la reproduction. Lorsque l’un s’en va, un autre doit prendre sa place et c’est en suivant ce processus que le monde subsiste à lui-même.

Ainsi va la vie ? Certains ont d’ailleurs coutume de dire que le sexe : c’est la vie comme dirait l’un de mes lecteur, Jan Luk. Sachant que les opposés ont tendance à se rejoindre, c’est aussi la mort en quelque sorte ; je dirais même la petite mort, gna gna gna !!!

Et vous me direz le cinéma dans tout ça ? Films d’horreur ou porno, du pareil au même ?

I.La peur ou bien l’excitation

 

souviens-toi-lete-dernierEst-ce tant la mort que la peur de mourir qui ravive le désir sexuel ? Par extension, comment expliquer que l’on puisse prendre plaisir à se faire peur volontairement ; sentiment pourtant péjoratif à l’origine.

Force est de constater que la peur est salvatrice.

Elle comporte en effet de nombreux bienfaits agissant directement sur le corps :

Esprit possédé et/ou captivé : la peur lorsqu’elle habite et même hante l’esprit, ne laisse pas de place à autre chose. Vider la tête de nos névroses, défouler le trop plein de stress et surtout ne penser à rien, voici les vertus de la peur. Nous usons tous de ces mots pour exprimer notre besoin de nous déconnecter en détournant notre esprit du quotidien. Pour ce faire, notre attention doit être totalement prise d’assaut par un sujet accablant.

Devant un film d’horreur, notre esprit est obnubilé par les rebondissements d’hémoglobines et la peur d’avoir peur.

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L’adrénaline : qui dit attente insoutenable du sursaut fatal dit adrénaline. Elle s’empare de notre corps pour mieux le délivrer de ses tensions internes. Bouche bée, yeux écarquillés, cœur palpitant, nous attendons avec appréhension et excitation que le méchant surgisse rien que pour le plaisir de sentir le shoot d’adrénaline ne faire qu’un tour dans nos veines. Cris démoniaques, sang de bœuf projetés et visages infâmes beuglant, quoi de plus vivifiant ?

Quant à ceux qui usent de la strangulation au moment de l’orgasme, un jeu aussi jouissif que périlleux, ils illustrent à la perfection cette idée…

L’inconnu : les films d’horreur impliquent le mystère, l’inconnu. Le spectateur ne sait pas quand ? ni où ? ni pourquoi ? mais il attend, les yeux rivés sur l’écran, le si attendu et redouté inconnu que ce soit le retentissement de la tronçonneuse, l’apparition soudaine d’un spectre ou tout simplement le voisin qui arrive à la rescousse. Le suspens fait de l’inconnu le fil conducteur qui tient en éveil les téléspectateurs. Cette sensation de latence insoutenable devient l’objet mystérieux qui active nos fantasmes déraisonnables aux aguets de la scène furtive et intense qui nous transira de peur et donc de vie.

II.Le corps dans tous ses émois

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Le corps est au cœur des films d’épouvante tout comme des films pornographiques.

Les supplices infligés aux protagonistes y sont différents ou parfois semblables (question de point de vue). Il s’y joue cette violence libératrice que nous vivons dans le transfert. Et si je me faisais trucider ? Et si je me faisais gang banger ? L’excitation est forte de voir les corps se poursuivre dans la nuit pour mieux se cacher dans le noir et ensuite se jeter les uns sur les autres. Tel un jeu de cache-cache, le plaisir ultime est de se faire discret pour surprendre davantage l’autre et ainsi le posséder.

Un coup de poignard et voici l’héroïne pénétrée des instincts primitifs de l’Homme. Les corps suants, sanglotants, vêtements en lambeaux et regards tantôt vulnérables, tantôt vides ou encore vindicatifs se donnent la réplique dans des corps à corps érotisés.

Il y a bien entendu dans le porno et dans l’horreur comme dans le sexe et la peur, de l’animalité qui resurgit d’outre-tombe.

martyrsLa bestialité des rapports est d’ailleurs ce qui nous motive à regarder les scènes de torture même quand nos yeux saignent tant ils ont mal pour les protagonistes.

Les jeux de domination et de soumission sont aussi bien un lieu commun dans le sexe que dans l’épouvante où le serial killer se joue sadiquement de ses victimes.

La pauvre jeune femme dont la nuisette déchiquetée dévoile ses formes lorsqu’elle dévale son jardin en poussant des cris stridents sans pour autant que les voisins ne l’entendent, n’a-t-elle pas tout d’érotique ? Non que les fanas d’épouvante soient tous des pervers mais que nous aimons nous faire peur. Le langage du corps est autant investi par les personnages maudits que les spectateurs tressautant devant l’écran.

L’homme qui se transforme en loup garou, la femme qui devient une goule ; l’aspect charnel est aussi excessivement présent dans l’horreur. Que ce soit Hannibal qui délecte la chair de ses victimes ou bien le psychopathe qui scalpe le crane des femmes sur son chemin ou encore le vampire mordant la zone la plus érogène qu’il soit : le cou.

Le corps est d’ailleurs l’objet séducteur dont use les démons en guise d’enveloppe charnelle leur permettant d’approcher les vivants pour mieux se servir d’eux. Les rites mystiques tels que les exorcismes mettent les corps à nu en les tordant de convulsions en spasmes afin de les purifier.

Lors d’un exorcisme, les corps mener au bout d’eux-mêmes se contractent jusqu’à cracher leur démon et s’évanouir dans l’apaisement comme un orgasme le ferait…

III.Cinéma et scènes érotico-macabres

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Je suis une fan inconditionnelle de films d’horreur. Préliminaire sans conteste, j’aime me plonger dans l’obscurité face à l’écran horrifique, en me blottissant contre mon amant. Je prends soin de jeter mon visage au creux de son cou à chaque scène de terreur contribuant à des rapprochements érotiques avec lui.

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  • The Walking dead: La pulsion de vie et la tension sexuelle sont particulièrement prégnants dans la série The walking dead que j’apprécie fatalement quand bien même on y voit parfois un chauvinisme américain et des valeurs qui ne sont donc pas les miennes. L’esprit survivaliste rythme les épisodes du groupe d’humains à la quête d’un renouveau dans un monde en perdition. Il y a un espoir fou, une pulsion vitale palpable dans les interactions des personnages. Les amours se créent et se perdent au fil des vicissitudes sordides des protagonistes.

Lorsque les amants se retrouvent après avoir survécus à dix douzaines de zombies, c’est avec l’intensité d’un dernier jour sur terre, qu’ils baisent.

Tous les sentiments sont poussés à leur paroxysme : la peur, la haine, l’amour et le désir lorsque l’on a la mort aux trousses… Suspens glauque et passion infernale donnent le ton.

  • I Split on your grave: ce film expose clairement la torture et le viol. Le corps mutilé de l’héroïne violée se meurt pour mieux renaitre de ses cendres et se venger. 

La pureté est souillée, fantasme torve par excellence.

Ce qu’il en résulte ? Une femme fatale prête à tout ! L’être vulnérable devient démoniaque, pour la bonne cause bien entendu. Défouloir paroxysmique, le spectateur cautionne les vindicatives de l’héroïne tant il est pris aux tripes par un désir de réparation, lui aussi. Le pire devient jouissif ! Elle se rend justice œil pour œil, dents pour dents, en concoctant des vengeances ignobles à l’image de fantasmes archaïques de castration notamment…

IV.Ces monstres au potentiel érotique

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Les costumes sexy de diablesses ne sont-ils pas des must have d’Halloween ?

La sorcière n’est-elle pas simplement la nymphomane du moyen âge ?

Ne voudriez-vous pas vous blottir contre la toison virile de l’abominable homme des neiges ?

Et le corps ensanglanté de Carrie, n’est-il pas aussi effrayant qu’attirant ?

Les monstres parce qu’ils font peur part leur carrure, leur puissance, leur prestance éveillent la fascination en nous et parfois le désir :

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  • La succube est une tentatrice, ses atouts sont des moyens pour accéder à ses fins machiavéliques. Elle séduit pour mieux attirer dans le précipice ceux qui hypnotisés par ses charmes ne voient plus sa stratégie. Mégan Fox nous prouve son pouvoir fatal en la matière dans Jennyfer’s body
  • Le vampire est souvent élégant. Homme de lettre et charmeur, il use de sa prose pour envouter ses proies. Sa prestance si ce n’est son charisme captive ses hôtes. Gentleman respectueux des bonnes manières, je le qualifierais même de dandy toujours à la pointe de la mode de son époque. Ses yeux percent les âmes pour y semer le trouble aussi érogène que mortel. Sa voix suave sexualise les discussions jusqu’à ce que l’interlocuteur succombe.
  • Le loup garou, summum de la virilité, est le symbole de la bestialité charnelle. Dominant et puissant, il effraie autant qu’il exploite son pouvoir érotique au gré des corps qu’il s’approprie.

Si mes réflexions loufoques vous questionnent quant à mon état psychique sans que ça ne vous déplaise pour autant, c’est sans doute que vous êtes prêts à me lire plus en profondeur. Dévorer mes fantasmes à coups de crocs est chose possible au fil de mon recueil « Sexe cité » dédié aux désirs les plus déroutants.

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Les films d’horreur contribuent sans nul doute à notre santé mentale et sexuelle. Chacun a besoin de sa dose de torpeur pour éteindre ses propres frayeurs. Pour cela, rien de mieux que de se confronter à nos eaux troubles. Vous savez dès lors ce qu’il vous reste à faire pour pimenter votre libido ; un film d’horreur et c’est reparti !


Pour finir en beauté lugubre cet article, voici une liste de mes films d’horreur préférés ; mon top 15 est en orange (au plaisir de connaitre vos préférences) :

Asie

Amérique  Canada

Angleterre

The grudge

The ring

Spirits

Darkwater

Sinister

Amityville

Conjuring

La colline à des yeux

Insidious

Le veilleur de nuit

The witch

Mister Babadook

End of the line

The Theatre bizarre

28 jours plus tard

28 mois plus tard

Eden lake

 

France  Belgique  Suisse

Espagne

Gore

Martyrs

Sheitan

Livide

A l’intérieur

Horsehead

Ils

Captifs

Frontières

Calvaire

Vampires

Darkness

Malveillance

Atrocious

 

Saw

Evil dead

I split on your grave

The human centipede

Hostel

Caméra au poing

Exorcisme

Monstres

Rec

Le projet blair witch

Paranormal activity

L’exorcisme

L’exorcisme d’Emily Rose

Délivre nous du mal

Le bal des vampires

Dracula

Frankenstein

Stephen King

Animation

Délires inclassables

Shining

Ça

Misery

Carrie

Franken Winnie

Le magasin des suicides

Teeth

The visit

Jennifer’s body

 

2 commentaires sur “Dossier : films d’horreur ou porno ?

  1. la mienne de liste ma stella est assez vaste et longue,les vieux classiques des annnees 80 sont excellents,tout comme blair witch, world war Z,certains de romero

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