Shame – de Steve McQueen II (2011)

affiche film shame

film shame

Michael Fassbender porte à ravir la mélancolie, de la prunelle écorchée de ses yeux, au long de son échine coupable. Ce constat est à lui seul, une raison suffisante pour se laisser séduire par le drame érotique, interdit au moins de 12 ans : « Shame ». L’acteur oscarisé, omniprésent quasi de bout en bout du long métrage, nous tient en haleine, d’un simple battement de cil ou pincement de lèvres.

« Shame », en seulement cinq lettres, en dit long sur la thématique du film. Sexe et honte vont souvent de pair puisque l’intime se conjugue au pulsionnel, aux secrets, aux complexes et aux vices les plus déviants.

Entre le « paraître » et l’ « être », le faussé se creuse dangereusement pour le personnage principal, Brandon, aux prises avec une obsession qu’il essaie d’étouffer. Brandon se débat contre lui-même pour préserver un semblant de normalité. Comment donner le change quand ses pulsions l’attirent vers les abysses de l’obsession ? Jusqu’à quand peut-il contenir ses faiblesses sans que son entourage ne crie gare ? A mesure des scènes, se craquelle la couche superficielle de son image d’où resurgit la vérité de ses tourments. Victime de ses penchants, nous suivons au long du film, sa descente aux enfers. 

film shame

Au-delà du sexe car il s’agit bien de cela pendant 1h39, c’est de solitude que ce film traite ; une solitude subie, écueil des frustrations mais gage de protection pour Brandon. « Shame » est une amorce parfaite pour questionner notre propre rapport à la sexualité, notamment la profondeur de nos fantasmes en dualité avec la réalité de nos actes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *