Hans Ruedi Giger : Aliène moi !

Hans Ruedi Giger (1940/2014) est un artiste plasticien entre autres, originaire de Suisse. Je partage dans cet article ma perception brute de son œuvre, au plus proche de mes interprétations personnelles et en attendant les vôtres avec impatience.

Aliéné :

« Dans l’espace personne ne vous entend crier » – Alien, le huitième passager. Avec ce slogan, mon cœur balance entre une invitation à s’introduire dans l’intime et une menace ultime.

L’univers d’HR Giger est à mon sens aussi sexuel que morbide.

alien-hr-giger-4Comme la plus part d’entre nous, j’ai découvert son art, enfant, lorsque j’ai visionné pour la première fois Alien ; rare film ayant réussi la prouesse de me réconcilier avec la science fiction et le fantastique. HR Giger en plantant ses griffes dans ces univers, y a injecté la dose d’épouvante qui me manquait cruellement.

La médaille du père de la plus monstrueuse créature lui est d’ailleurs décernée.

L’Alien me donne la sensation d’être l’incarnation physique des refoulements débordants de HR Giger qu’il exorcise en leur donnant corps hors de lui. HR nuance l’obscurité de l’âme et sculpte les noirceurs avec brio. alien-hr-giger-5

Son esprit a accouché du plus sublime monstre tant il va au-delà des conceptions connues du monstre que ce soit le croquemitaine, le dragon, le vampire, le yeti… Les monstres sont souvent mixés les uns aux autres afin de les recycler au cinéma là où HR nous délivre un monstre qui n’a aucune commune ressemblance avec un autre.

Organique autant que mécanique, préhistorique aussi bien qu’atypique, cet hybride depuis 1979 n’a pas été égalé à mes yeux.

Nous connaissons tous HG Giger pour sa contribution indispensable à la saga des films Alien mais son œuvre est bien plus vaste notamment lorsqu’il réinvente le rapport au corps féminin.

Alien 1 à 4 :

Prometheus:

Femme phallique

HR Giger vous comblera par sa vision des orifices.

Au regard de ses œuvres, tout laisse à croire qu’il est torturé par l’image de la femme tant il magnifie ses courbes tout en les soumettant à d’atroces dichotomies et d’autres distorsions corporelles. Les succubes deviennent des contorsionnistes sado-masochistes sous le graphe de cet artiste hors norme.

Encore et encore mes émotions vacillent entre un incommodant sentiment de torture et l’excitation d’une orgie dédaléenne.

Avec HR, la femme est forcément fatale et pourtant assujettie au rang d’objet. Ses orifices continuellement habités par les plus viles démons raviront les adeptes de gang bang. Enlisées dans de sombres nids de tentacules, les profondeurs de ces dames sont remplies jusqu’à l’étouffement d’excroissances phalliques. Transpercées voire même empalées de l’anus à la bouche, elles sont aussi effrayantes qu’attirantes. Transe orgasmique ou corps embrochés ?

Impossible de savoir si HR idole ou hait la femme ; celle qui se nourrit du phallique jusqu’à l’over dose.

J’ai parfois l’impression qu’il punit les femmes ou plutôt les nymphes qu’il voit en elles, en leur infligeant des contentions inhumaines tout en ne pouvant se passer d’elles et de leur attrait érogène auquel il se soumet.

Mère mortifère

Les corps féminins sont sans cesse bourrés et vidés tel un cycle aliénant de grossesses et de baby blues. Au-delà de la femme sexuelle, c’est la mère nourricière que HG met en jeu à travers ces aliens qui grandissent dans les ventres et les explosent à leur naissance. 

L’univers d’Alien est d’ailleurs très matriarcal que ce soit à travers la place donnée à la « reine mère » ou les plans multiples de nidations et d’œufs en éclosion.

La vie mortifère hante les corps. Le rapport à celui-ci est au centre des tourments de HR. Il semble tiraillé entre son obsession du corps superbe à travers la beauté de ses nymphettes et la surpuissance de ses monstres et le dégout de cette enveloppe charnelle où la vie germe pour mieux se putréfier.

Les corps encornés fusionnent à des machines infernales en se tordant à l’extrême jusqu’à devenir des monstruosités mi-humains mi-mécaniques.

L’ambiance suffocante d’HR est mise en valeur par les intarissables détails d’ombre et de lumière qui envahissent les corps martyrs.

Entre douleur et fascination, HR Giger nous bombarde de ses propres démons érotisés et pourtant cauchemardesques.

Évidemment ceci n’est qu’un échantillon de l’immensité des réflexions que nous pourrions avoir autour de cet artiste alors exprimez vous !

4 thoughts on “Hans Ruedi Giger : Aliène moi !

  1. le paroxisme du délire en noir et blanc. Je partage ton analyse brillante. Une vraie expression analytique et surement paranoïaque dans un esthétisme inouï

  2. Cela me fait pensé à une orgies de baise ou une femme serait seule entouré de Mâle en rute ..
    A lui remplir c’est trous de leurs membres gonfler de désire ..
    Gorges profonde et penetration à tout va .
    Très excitent mais à ne pas réalisé avec n’importe qui ..
    ( si mon com être trop directe merci de me le dire. . )
    Je suis resté sage pour t’en. …

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