Culottes usagées et fétichisme, ce désir de l’ultime intime

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Fluides corporels, la thèse

Les émanations du corps humain bien qu’indispensables n’incitent pas au désir à première vue. Les sécrétions dont la transpiration sont plutôt ce que nous essayons de dissimuler et plus particulièrement lorsque nous nous tentons aux jeux de la séduction.

Nous préférerions que nos aisselles sentent la rose que le poireau et que notre haleine ensorcelle plutôt qu’elle empoisonne. Nous serons toujours aux aguets d’une crotte de nez bien pendue et d’un pavillon auditif d’un jaunâtre sirupeux. Une coulée translucide le long de notre échine nous fera perler le front d’inquiétude tandis qu’une auréole naissante sera le sujet obsédant de nos craintes en société. Nous barricaderons, mesdames, nos entrecuisses de la manière la plus hermétique possible pour éviter une fuite rougeâtre intempestive si une acrobatie impromptue s’oblige à nous. La peur ultime qu’elle soit vue par un tiers nous glace le sang rien qu’à l’idée. Nous serons éperdument écœurées voire inquiètes d’une culotte excessivement blanchâtre que nous jetterons honteusement au fond du panier à linge sale.

Nous exerçons tous, nos manies obsessionnelles au gré de nos secrétions tantôt épaisses tantôt visqueuses, parfois limpides et d’autres colorées. Envers et contre tout, nous camouflerons ces tâches putrides. J’en déduis qu’une relation sexuelle n’est pas l’acte le plus intime de notre panoplie. Tirer la chasse d’eau hâtivement pour que l’odeur n’embaume pas l’étroit lieu où nous confessons le plus intime de notre intérieur est sans doute bien plus personnel voire secret et pourtant si commun.

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Fluides corporels, l’antithèse

Et bien figurez-vous que nous ne sommes pas tous du même avis, bien au contraire et tant mieux d’ailleurs. Encore faut-il concevoir jusqu’à quel point certains peuvent s’exciter de nos sudations. Je suppose que l’interdit guide cette drôle d’envie de voir, humer et collectionner ce qui est souillé. Une envie impérissable de posséder la chose la plus intime de l’autre ? Désirer l’autre jusqu’au plus crasseux endroits de son corps ? Aimer l’idée qu’une beauté fatale déverse de son corps ni des paillettes ni des bulles ni même des papillons mais le déchet filtré de ses tréfonds comme tout un chacun, est somme toute étonnant. Ainsi adorer se sentir proche d’elle tant il n’y a pas de différence entre la dernière des raclures et une jolie fille lorsque chacun chie.

Aimer c’est tout accepter ? Convaincus du postulat ? Peut-être pas encore… pourtant « belle à l’intérieur » est une expression qui prend tout son sens ici. Une part de mystère subsiste à mon entendement à propos de cet ignoble et fascinant fétichisme.

La charogne de Baudelaire n’est-elle pas aussi délicieuse que nauséabonde ? Les fétichistes de la petite culotte sale auraient-ils tout compris ?

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Fluides corporels, la synthèse

A ma grande stupeur mêlée d’une intense excitation, j’ai découvert, il y a quelques années que nous pouvons vendre nos culottes usagées aussi bien les blanchâtres que les jaunâtres que les rougeâtres ou même noirâtres, le tout sur internet, et ça marche ! Vous trouverez plein d’autres produits dérivés en rayons tels que des échantillons d’excréments, des bocaux d’urine, des chewing-gum soigneusement prémâchés et des crachats luisants. Une véritable idolâtrie de la sécrétion sous toutes ses formes s’écoule en stocks ruisselants.

Le site le plus connu en la matière est vends ta culotte. Ce fut un étonnement joyeux que de découvrir l’originalité mise en œuvre autour de ce qui me semblait être un tue l’amour. Seraient-ce les bas instincts résurgents de la race humaine qui tentent les néophytes et les adeptes de renifler les parties intimes ?

avatarDans mon anormalité pathologie, je suis dépourvue d’odorat et chroniquement révulsée par la mollesse des choses (gelée, escargot, crème et tutti quanti)  ; autant vous dire que je ne suis pas attirée par ce fétichisme que je trouve néanmoins PASSIONNANT !

Les paraphilies m’attirent tout comme je l’évoque à maintes reprises dans mon recueil « Sexe cité » où j’aborde des sujets socialement incorrects… Quant à ce que ces personnes font une fois leur colis de souillures reçu, j’ose ouvrir avec délectation le champs des possibles dans mon imagination prolifique. Be aware nous dirait Jean-Claude ?

Sur ce sujet, bien que mes hypothèses soient fécondes, mon ignorance fait foi. Je serais donc ravie de connaître la substance qui anime ceux qui donnent corps aux sécrétions so teache me !

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4 commentaires sur “Culottes usagées et fétichisme, ce désir de l’ultime intime

  1. sans être adepte, je n’ai jamais été effrayé à l’idée de faire l’amour pendant les règles, ni à sortir souillé d’une sodomie. L’hygiène suivante nous en sort tout neuf.

  2. Les fétichismes féminins sont dérangeants pour beaucoup et si il y en a un assez commun et que peu avoue, c’est le fétichisme pour le sperme. C’est plein de bonne protéine comme fluide corporel, n’hésitez donc pas à hurler votre amour pour le fétichisme de ce précieux fluide corporel !

    Je vous conseille vivement « Docteur Folamour » de Kubrick, l’un des personnages fait une fixette complète sur « ses précieux fluides corporels » et honnêtement, même si ça parle guerre nucléaire j’ai rarement autant ri !!

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